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Phoudindaeng farm - Laos
Le lien entre les êtres humains dans le Monde
The link between people in the World


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[Ferme Phoudindaeng, Laos - Phoudindaeng farm, Laos

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Ferme Phoudindaeng au Laos

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Phoudindaeng farm in Laos

 

Une ferme biologique Phoudindaeng au Laos - A biological Phoudindaeng farm in Laos

A Vang Vieng au Laos, à 156 km au Nord de Vientiane, il existe la ferme biologique Phoudindaeng à vocation éducative de M Thanangsi Solangkoun. C'est un exemple d'ingéniosité, de courage, d'adaptation et d'altruisme car les produits financiers de l'exploitation, basée sur l'exploitation des ressources naturelles, sont dédiés à la formation scolaire et à l'animation festive de la région. De plus, M Thanangsi Solangkoun permet aux touristes de vivre gracieusement à la ferme moyennant quatre heures de travail par jour.

 

Anne Vigna, journaliste indépendante, nous a autorisé à reproduire, ci-dessous, son reportage (y compris les photographies) sur ce Laotien qui, à 56 ans et père de 17 enfants adoptés pour la plupart, a remis en cause l'orientation de sa vie pour réaliser ce projet qu'il a mûri pendant des années : un bel exemple de dynamisme et de jeunesse.

 

Lettre d'introduction par Anne Vigna

Madame, Monsieur,

Je vous invite, par le biais de cet article, à découvrir " Phoudindaeng Farm " et à transmettre à toutes les associations susceptibles de l'aider cette documentation.

Ayant beaucoup voyagé en Asie et ailleurs, j'ai été impressionnée par la réussite de cette entreprise dans le développement économique local. L'impact sur les villages et les bénéfices pour la population - et en particulier les enfants- sont directs. La philosophie du projet, basée sur l'utilisation intelligente et raisonnée des ressources naturelles, en fait un projet pilote pour toute la région de Vang Vieng.

Depuis le début, la famille Thanongsi n'a reçu aucune aide et a prouvé sa viabilité pour des paysans locaux. Les bénéfices ont été réinvestis dans des structures communautaires, en particulier en direction des jeunes femmes, d'un groupe de femmes handicapées et des enfants. Seule, une O.N.G japonaise a financé la construction des bâtiments scolaires mais aucun matériel pédagogique. J'ai visité moi-même les écoles et rencontré la directrice qui ne dispose d'aucunes ressources financières pour acheter du matériel scolaire. Pour l'implantation de jardins scolaires, il ne manque actuellement que l'argent pour clôturer et éloigner le bétail.

Comme vous le comprendrez par la lecture des articles, une aide dans l'écoulement des productions et pour l'achat de matériel destiné à l'éducation des enfants, permettront une amplitude des efforts entrepris jusqu'à là. M.Thanongsi recherche en particulier, une aide pour la vente des écharpes en soie et le thé : il entre complètement dans la démarche, l'éthique et les principes du commerce équitable.

Si votre organisation a une possibilité de visite sur place par une personne-relais, M.Thanongsi est disposé à toute visite du lieu et se rend régulièrement à Vientiane. Il parle parfaitement le français et l'anglais.

M. Thanangsi Solangkoun
G.P.O.Box 7893
Vientiane
Lao P.D.R.
Tel. : +856 21 222 683  Vientiane
Tel. : +856 23 511 160  Vang Vieng
suanmone@hotmail.com
Anne Vigna
Journaliste indépendante
pigesenstock@hotmail.com
Tel. portable: +33 [0]6 60 98 97 51

 

Article par Anne Vigna

Solangkoun Thanongsi
Soie communautaire

Depuis sept ans, Solangkoun Thanongsi met en place un modèle de développement rural sans technologie ni moyens spectaculaires. Sa méthode : une exploitation agricole biologique où tous les bénéfices sont réinvestis dans la création de structures sociales.

L'exploitation n'est pas très grande -cinq hectares- mais beaucoup de Laotiens à Vang Vieng, conseillent aux voyageurs d'aller visiter " Phoudindaeng Farm ", à 24 km de là. La plupart, sans avoir été associés au projet, en parlent avec une fierté non dissimulée comme si la réussite de la première et unique ferme biologique à vocation sociale et éducative du pays, était un peu celle de toute une région.

Les choses n'ont pourtant pas toujours été ainsi. Quand en 1995, Solangkoun Thanongsi plante ses premiers plants de mûriers et annonce sa volonté de faire revivre la production traditionnelle de la soie, beaucoup - pour ne pas dire tous - le prennent pour un fou. L'arrivée sur le marché d'une soie chinoise, de moindre qualité mais au coût bien inférieur, avait été fatale aux cultivateurs de Vang Vieng, dont le père de Solangkoun Thanongsi. Comme d'autres, il avait été contraint de rejoindre la capitale Vientiane, pour sortir de la misère : " Il ne voulait plus être fermier, et espérait me voir travailler dans un bureau ", se souvient en souriant M.Thanongsi.

Une logique de développement durable

Ce retour à la terre, qu'il décide à 50 ans, est le fruit d'une longue réflexion sur le développement rural mûrie en 20 ans de carrière au Ministère de la forêt en tant que biologiste et au service d'organisations internationales comme, FHI (Food for the Hungry International) et IUCN (International Union Conservation Nature). L'objectif de son projet est d'atteindre une rentabilité économique qui permette de développer des infrastructures dont manque cruellement la région et que les autorités locales, du fait de la corruption et des faibles ressources disponibles, sont incapables de créer. Solangkoun Thanongsi est persuadé que l'exploitation de mûriers peut devenir un moteur économique à condition de consacrer bénéfices et énergie à la mise en place de structures communautaires telles que l'école, la coopérative ou la clinique. Il s'agit de s'inscrire dans une logique de développement durable, profitable à tous et en premier lieu, à la prochaine génération. Le choix d'une agriculture biologique est certes éthique mais correspond aussi à un impératif économique : " Les paysans laotiens n'ont pas les moyens d'acheter des engrais chimiques, mais nous pouvons utiliser les ressources naturelles ", explique-t-il.

En sept ans d'existence, Phoudindaeng Farm a déjà rempli plusieurs de ses objectifs, en développant les trois aspects qui font de la ferme, un projet pilote : être à la fois une exploitation agricole rentable, créatrice d'emplois et de richesses, un laboratoire d'expérience et une école.

La ferme embauche aujourd'hui une dizaine de personnes pour s'occuper et tirer profit des 12000 plants de mûriers. Car, comme toutes les exploitations biologiques, celle de Vang Vieng utilise au mieux les ressources de ses productions. Ainsi, les feuilles de mûrier nourrissent les vers à soie (qui produisent en moyenne 40 kilos de soie brute par an), et le reste devient un thé vert, connu pour ses propriétés curatives. L'écorce des branches est transformée en un papier fort apprécié au Japon et les baies comme les bananes et caramboles servent à confectionner confitures et liqueurs. " Les paysans fabriquent du Lao Lao (alcool à base de riz) avec du riz importé alors que nous disposons de fruits en abondance pour faire de l'alcool. " explique-t-il.

Associer la ferme et l'école

Pour toutes ses productions, Solangkoun Thanongsi a pris soin de ne pas user de machinerie, au profit du travail manuel. L'objectif était clair : utiliser la main d'oeuvre paysanne locale pour leur faire découvrir productions et méthodes biologiques, tout en leur offrant un revenu d'appoint. Chacun peut ici prétendre à une formation gratuite sur toutes les étapes de la fabrication de la soie. A chaque récolte (6 à 8 en moyenne par an), il distribue la moitié de sa production aux femmes qui souhaitent apprendre avec son épouse, les techniques de tissage et de teinture. Quand l'apprentissage est terminé, Solangkoun Thanongsi achète les écharpes. " Faire revivre la production de la soie pour toute la région ne se fera pas seul. Ma priorité est de donner aux autres les moyens de me suivre. " résume-t-il.

Cette priorité s'est récemment concrétisée avec la plantation d'une pépinière, destinée à fournir gratuitement des boutures aux paysans et aux écoles primaires. " Il faut apprendre aux enfants à réaliser un compost, utiliser les bio-pesticides et maîtriser la technique traditionnelle de la soie. Mon objectif n'est pas de faire du profit mais de former ceux qui pourront continuer après moi ", avoue-t-il. Les jardins scolaires viendront compléter une démarche accomplie deux ans auparavant. Avec l'aide de sa soeur, installée à Tokyo, et en collaboration avec une ONG japonaise, il a réuni les financements nécessaires à la construction de cinq bâtiments scolaires, utilisés aujourd'hui par 400 élèves. " Ce sont les parents qui vont planter les jardins dans les écoles. J'ai toujours fait participer les gens car tout donner clé en main ne sert à rien, ça ne marche pas", s'empresse-t-il d'ajouter.

Insuffler le sens de la communauté

Cet homme généreux connaît bien les limites du simple don et son inefficacité lorsque les individus ne se sentent pas concernés. Il s'est d'ailleurs employé au tout début, à insuffler le sens de la communauté dans les quatre villages environnants qui comprennent 4200 habitants. Les trois ethnies qui les composent -Kmou, Hmong et Lao - ont été déplacées pendant la guerre et regroupées ici, sans égard envers leurs particularismes. Pour créer des liens entre les habitants, Solangkoun Thanongsi s'est appuyé sur les aspects festif et ludique de la vie villageoise. Plusieurs fêtes ont été organisées grâce à un compte qu'il alimente, exclusivement réservé à cet usage : " Nous avons acheté du matériel de cuisine et des ballons pour les enfants. Le jeu est un excellent moyen de rassembler les jeunes " estime-t-il. Ce n'est pas la première fois que les époux Thanongsi consacrent temps et énergie aux enfants. Bien avant l'aventure de Phoudindaeng Farm, leur maison est devenue le foyer de 16 orphelins, souvent à la suite de fermeture d'institutions. Aujourd'hui, ils parrainent la scolarité de trois jeunes filles des villages et les emploient le week-end, pour que leurs parents acceptent qu'elles poursuivent leur scolarité. " Le maigre salaire va aux parents mais elles apprennent en même temps les techniques de la ferme. Je pourrai les employer plus tard comme comptable, manager ou artisan. " espère-t-il.

Et c'est également pour les enfants qu'il a décidé d'adhérer à l'association WWOFER'S (Willing Workers On Organic Farms), qui met en contact dans le monde, exploitations biologiques et travailleurs volontaires. Il est demandé aux voyageurs qui s'y arrêtent de participer aux tâches de la ferme mais aussi de consacrer du temps aux enfants des villages. Solangkoun Thanongsi leur offre ainsi la possibilité d'échanger avec des Occidentaux dans leurs propres villages et surtout de bénéficier de cours d'anglais.

Cette exploitation, qui a suscité la risée puis l'incrédulité de la population, inspire depuis un grand respect aux paysans grâce à l'amélioration en qualité et en quantité de ses productions. Ils viennent questionner l'homme sur ses méthodes, demander des boutures et ils seront six cette année, à reproduire le modèle, hérité de leurs pères et remis au goût du jour par Solangkoun Thanongsi. La grande joie de ce dernier, est de les voir tendre une oreille bien plus attentive lorsqu'il évoque de nouveaux projets : " Nous pouvons créer des exploitations biologiques non seulement de soie, mais aussi d'arbres fruitiers et de plantes médicinales. Le Laos possède une des plus riches biodiversité de la planète ; là sont nos atouts par rapport à l'Occident. Je vais tenter d'autres expériences pour que ma ferme devienne plus tard une école, un centre d'études." Les prochains défis pour la communauté sont de mettre en place une coopérative pour écouler les produits biologiques et d'acheter un tuk-tuk (mini-bus) pour conduire les enfants au lycée de Vang Vieng. L'ambassade d'Australie n'a pas répondu à cette demande et personne n'espère un geste de l'Etat. Mais le dépit n'est pas de mise dans les villages. " C'est vrai que nous irions plus vite avec des financements extérieurs et qu'il va falloir encore une fois se débrouiller. Mais le plus important est de permettre aux enfants d'aller à l'école et puis nous allons créer un nouvel emploi pour un chauffeur ! "

Anne VIGNA,
Journaliste indépendante

 

 

M.Thanongsi recherche aujourd'hui la collaboration de scientifiques et d'ONG - au service de l'agriculture biologique, du développement durable et de la conservation des traditions artisanales - pour développer divers projets de formation et d'extension dont une coopérative pour écouler les produits biologiques. Il manque également de financements dans son projet éducatif : transport pour les élèves vers le lycée, matériel scolaire et technique pour les jardins. Si vous souhaitez soutenir le projet ou connaître les produits de la ferme, contactez :

M. Thanangsi Solangkoun
G.P.O.Box 7893
Vientiane
Lao P.D.R.
Tel. : +856 21 222 683  Vientiane
Tel. : +856 23 511 160  Vang Vieng
suanmone@hotmail.com